Côte d’Ivoire. Situation compliquée

97

COTE D’IVOIRE –  Yamoussoukro  12/4/13. Après les difficultés et les violences post électorales des présidentielles de fin 2010, la Côte d’Ivoire peine à retrouver la normalité. Pourtant les données économiques pour une reprise de la vie normale du pays sont intéressantes. Ces indicateurs montrent que le pays des Eléphants continue à se présenter comme une médaille à deux faces  : une politique et l’autre économique.

Politiquement la situation en Côte d’Ivoire continue à être compliquée. Le Président Alassane Ouattara est désormais solidement en place. Selon nos contacts locaux, sa position, et celle de son camp, s’est basée sur une sorte d’imposition du «  droit des vainqueurs  » en balayant toutes revendications politiques du camp de son adversaire, Laurent Gbagbo. L’ancien président a été arrêté en avril 2011 suite aux combats qui ont suivi les élections, mais son avenir n’est pas encore tracé  : incarcéré au Tribunal de la Cour Pénale Internationale de La Haye, il reste en attente de jugement pour quatre chefs d’accusation pour crime de guerre et contre l’humanité.

Le Président Ouattara essaie depuis de redresser politiquement le pays et d’imposer la sécurisation de tout le pays. C’est là le défi principal de la présidence, notamment en vue des élections locales prévues pour le 21 Avril prochain. A ce sujet, les forces récuplicaines de Côte d’Ivoire – FRCI sont déjà en alerte et elles obtiendront le soutien des forces des Nations Unies présentes en Côte d’Ivoire – ONUCI. 

Ces forces devront faire face à une situation sécuritaire loin d’être facile puisque, par exemple, le 8 avril dernier un commando armé a attaqué une base de la police ivoirienne dans les abords d’Abdidjan. En effet, le soir du 8 avril des hommes lourdement armés ont pris part à l’attaque contre le commissariat de Yopougon – Niangon, à l’ouest de la capitale économique du Pays. L’action n’a pas actuellement de bilan officiel, mais il y a eu un échange de tirs nourri entre les forces de l’ordre et les hommes armés. La Côte d’Ivoire continue à vivre des affrontements entre clans fidèles à l’un ou l’autre président (l’ancien et l’actuel) ce qui crée une condition constante de tension au sein de la population. 

Si d’un point de vue politique, la situation ivoirienne reste critique, économiquement les données semblent indiquer la sortie du tunnel ou du moins une lumière d’espoir est visible. Selon les données fournies par le Fond Monétaire International – FMI, la croissance du PIB de la Côte d’Ivoire serait estimé à 9,8% pour l’année 2012, malgré les difficultés liées aux problématiques politiques. Comme l’a déclaré le Chef de la mission conjointe FMI – Banque Mondiale en Cote d’Ivoire, Michel Lazare  : «  Les performances macroéconomiques en 2012 ont été meilleure que prévu avec un taux de croissance réel du PIB de 9,8%  ». La commission a cependant mis en évidence que cette donnée devrait ralentir en 2013 en atteignant 8% si les réformes politiques et économique nécessaires pour un bon développement de la situation n’étaient pas réalisées.